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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 15:43



                                                                         Le Pic Carlit - au fond - (alt. 2.921 m)


14 juillet 2008

Résumé

L'ascension du Pic Carlit (2.921 m), point culminant des Pyrénées Orientales par sa face S, en traversant une succession de plateaux où se nichent une multitude de lacs (appelés Estany, étang en catalan) est une randonnée d'une beauté exceptionnelle.

Départ

Lac des Bouillouses (Chalet refuge) alt. 2.017 m
En juillet et août, la circulation est réglementée (de 07 h à 19 h). Il faut donc se garer au Pla de Barres (prendre direction Mont-Louis puis suivre Lac des Bouillouses) puis prendre la navette qui conduit au Lac (10 km)
De Font-Romeu, il est également possible d'emprunter la télécabine des Airelles puis le télésiège et d'accéder au Refuge après 30 mn de marche.

Itinéraire

Carte IGN 1/25000 : 2249 ET
Traverser le barrage du Lac des Bouillouses puis prendre la direction du Refuge de Bones Hores à gauche du barrage.
Laisser le GR 10 à droite et prendre le sentier de gauche (panneau) qui s'élève rapidement dans la forêt et conduit en 30 mn au premier plateau.

L'étang Noir de découvre sur la gauche, puis l'étang du Vive.  Laisser à droite (alt. 2.143 m) le sentier qui longe cet étang (que nous emprunterons au retour) et prendre celui de gauche qui permet d'admirer l'Etang Sec puis celui de la Coumasse

Le sentier se poursuit vers le N en direction d'une moraine latérale qui marque le début du second plateau (alt. 2.200 m)  surplombant les étangs Llat et Long dans un paysage de pelouses et de rhododendrons.

Après la traversée de l'éxutoire du Bailleul, le sentier oblique plein O et mène au troisième et dernier plateau (alt. 2.350 m environ) dominant les étangs de Trebens et Soubirans. Le décor devient minéral (moraines) et la pente devient plus prononcée dans les pierriers de la face N du Touzal Colomer (alt. sommet 2.673 m)
Un passage dans les rochers et une dernière longueur soutenue permettent d'accéder à une petite "gouille" d'eau turquoise en partie gelée (alt. 2.598 m) dans laquelle viennent fondre les derniers névés descendus du Carlit de Baix.

Au Col Carlit (alt. 2.770 m), le sommet du Carlit se découvre mais il reste encore 150 m de dénivelée et d'escalade facile pour l'atteindre en suivant l'arête N/NO. Bien que relativement aisé (rocher sain, bonnes prises) ce cheminement pourra rebuter les personnes sujettes au vertige.

Du sommet (alt. 2.921 m) et de son jumeau tout proche la vue est exceptionnelle, de la chaîne des Pyrénées à la Méditerranée et on aperçoit l'ensemble des étangs et leur réseau complexe d'alimentation et d'écoulement.

Pour le retour, après la descente de la partie escarpée et de nouveau sur le plateau, un sentier part sur la gauche à la hauteur de l'étang de Soubirans et permet de se rapprocher des derniers étangs, invisibles à la montée.  Près de l'étang de Trebens, le sentier se divise, la bretelle gauche longeant les étangs de Trebens, de Combeau et de Castella, la droite remontant en diagonale vers le sommet du plateau. Les deux sentiers se rejoignent à l'étang de Dougne mais l'option "à droite" permet de jouir d'une vue surplombante sur les étangs cités.

La descente se poursuit agréablement dans la forêt et les pelouses, passe à proximité de l'étang du Vive  où l'on retrouve le sentier de montée puis la partie la plus "ingrate" du parcours (forêts, rochers), après la beauté des paysages traversés, qui conduit au point de départ.

Conclusion

Flore magnifique, paysages et panoramas exceptionnels.

Dénivelée : 900 m

Temps de marche : 6 h (dont 3 h 30 de montée)


  Etang de la Coumasse


                                                                
             

  Vue générale des étangs depuis le Col Carlit


                                                             

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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 14:05

                                                                             Le Mont Granier (alt.1.933 m)

24 juillet 2008

Résumé


Le Mont Granier qui borde au N le Massif de Chartreuse offre un panorama exceptionnel sur la Plaine du Grésivaudan, la Combe de Savoie, le Massif de Belledonne et l'agglomération Chambérienne jusqu'au Lac du Bourget.

Cette randonnée, effectuée en circuit (montée par le Pas des Barres et descente par la Balme à Colon), est également remarquable par la diversité du paysage, de la verdoyance des alpages, pelouses et  forêts à la minéralité des lapiaz.

Départ

Hameau des Plagnes, au N d'Epernay (Commune d'Entremont-le-Vieux), vallée des Entremonts (alt.1.120 m)
Parking à droite à l'entrée du village.
Autre possibilité : prendre la route forestière à droite dans l'épingle (100 m plus loin) et se garer près de la carrière (700 m - alt. 1.150 m), les deux sentiers se rejoignent au-dessus du hameau (alt. 1.220 m - panneau)

Itinéraire

Carte IGN 1/25000° 3333 OT (Chartreuse Nord)

Au bas du hameau on trouve la marque rouge et blanche du GR 9 et le panneau "Col de l'Alpette".
Compter 1 h pour atteindre le Col par un sentier raide qui serpente à travers la forêt et qui a été récemment élargi pour permettre le passage des troupeaux vers l'Alpette.
Au Col (panneau) prendre à gauche le sentier N qui longe l'alpage de l'Alpette puis s'élève à gauche en diagonale pour arriver au bas du Pas des Barres (panneau).
Après quelques lacets, le sentier s'engage dans une faille de la falaise, équipée en câbles, échelles et autres barres de fer ( d'où le nom du passage), qui  permet d'accéder au  vaste plateau du Granier.
Cette section, qui se caractérise par sa verticalité, est à déconseiller aux personnes sujettes au vertige et aux jeunes enfants (sauf moyens d'assurage appropriés)
Le sentier traverse O le plateau puis longe N la falaise coté Vallée des Entremonts en direction du Mont Granier que l'on découvre au loin. A mi-chemin, un panneau indique S le chemin du retour par la Balme à Colon.

Le cheminement sur le plateau est très agréable (sentier large et plat, flore abondante, pelouse). En vue du sommet, obliquer à gauche pour atteindre celui-ci en quelques minutes (alt. 1.933 m). Par une courte descente on rejoint ensuite la Croix (alt. 1.898 m) et l'extremité de la falaise qui surplombe de 700 m la vallée (vue superbe, avec le Mont-Blanc en prime!)

Pour le retour, rebrousser chemin jusqu'au panneau indiquant "Balme à Colon" (la descente par le Pas des Barres est déconseillée). Après une courte montée le sentier bascule versant O puis rejoint par une série de lacets raides la Balme à Colon, grotte impressionnante par sa taille, qui permet de ressortir de l'autre côté.
Cette première partie de la descente qui requiert la plus grande prudence (traversée de couloirs vertigineux, sentier "caillouteux" en forte pente, rochers rendus glissants par le passage des randonneurs) permet d'admirer les aiguilles de calcaire qui jalonnent le parcours et la verticalité des falaises.

Le sentier pénêtre ensuite dans la forêt, sa pente s'adoucit, et conduit agréablement aux granges de Priz avant de rejoindre le hameau de la Plagne.

Dénivelée : environ 950 m

Temps de marche : 5 h dont 3 h de montée



                                                                            Le sentier de la Balme à Colon



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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 19:27



                                                                                  Les Rochers de Bellefont


22 juillet 2008

Résumé

Les Rochers de Bellefont sont accessibles depuis le Hameau des Massards (Commune de St Hilaire du Touvet) par un itinéraire sauvage et aérien (Pas de Rocheplane) et offrent une vue sur l'ensemble du Massif de la Chartreuse, sur celui de Belledonne..et sur le Mont-Blanc.

Départ

Dans le Hameau des Massards sur le plateau des Petites Roches, prendre O une petite route sans issue (Chemin des Massards - proximité station-service Avia) qui conduit après 300 m au départ de cette randonnée. (alt. départ 980 m)

Itinéraire

Carte IGN 1/25000° 3334 OT (Chartreuse Sud)

Suivre le chemin forestier en forte montée (balisage rouge et jaune) qui prolonge la route (les amateurs de fossiles pourront trouver sur ce chemin caillouteux des micrasters - fossiles d'oursins - en forme de coeur et de taille d'une demi-noix)
Après 25 mn, à la cote 1.150 m, le chemin coupe une piste forestière plus importante. Prendre à droite le chemin qui monte en diagonale (flêche jaune sur poteau bois)
A la côte 1.190 m le chemin rejoint une piste large et récente. Prendre en face et atteindre après 20 mn (alt. 1.290 m) une plate-forme forestière de chargement. Suivre la piste à droite sur 100 m jusqu'à la fin de son tracé (aire de retournement) où un panneau indique la Source du Sanglier à proximité et la direction O du Pas de Rocheplane (itinéraire en pointillés sur la carte IGN)

Montée soutenue dans la forêt (chemin glissant par temps humide) puis le sentier s'engage dans les éboulis (bien repérer les marques jaunes sur les rochers), fait un large détour SO jusqu'au pied de la falaise avant de s'engager dans le Pas (points repères rouges) où les passages délicats sont équipés de câbles,  puis d'atteindre N la crête (alt. 1.860 m)

De ce point, possibilité de rejoindre le Dôme de Bellefont (alt.1.975 m - 1 h) par les crêtes, le Col de Bellefont qui conduit à la Lance Sud de Mallissard avant de redescendre soit par le chemin de montée, soit SO par la Cheminée du Paradis (sous le Rocher Pointu) soit encore NE par le pas de Montbrun (parcours moins aérien mais raide)

Dénivelée : 880 m (crête des Rochers de Bellefont), 995 m pour le Dôme de Bellefont

Temps de marche : 5 h A/R pour la crête par le Pas de Rocheplane. 1 h 1/2 A/R pour rejoindre le Dôme.

Conclusion

Magnifique randonnée avec une ambiance très minérale dans le Pas de Rocheplane mais dont l'itinéraire se caractérise par une montée soutenue, des passages aériens et un cheminement pouvant être dangereux par temps humide (sentier glissant). A déconseiller aux jeunes enfants et aux personnes sujettes au vertige.


                                                          Le Col de Bellefont et la Lance Sud de Malissard
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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 19:05

                                                         Samedi matin - Départ pour le Glacier de la Girose


Nota : il ne s'agit pas d'une "randonnée glaciaire" au sens habituel mais d'impressions personnelles et d'un résumé du dernier rassemblement annuel organisé par la FFME (compte-rendu "officiel" à consulter sur le site de la FFME www.ffme.fr)

Pour la 5° année consécutive, le village de La Grave accueillait les 28 et 29 juin 2008 ces "rencontres de techniques d'alpinisme".

Après le traditionnel "briefing" du vendredi soir suivi d'un pot devant le Bureau des Guides, les 220 participants (et heureux "admis" car leur nombre est limité pour des raisons évidentes de sécurité) rejoignent le samedi matin  le Glacier de la Girose pour se retrouver pendant 2 jours sur les ateliers mis en place par l'organisation.

Sur cet immense terrain de jeu et sous le regard bienveillant de la Meije et du Rateau, du néophyte à l'alpiniste confirmé, chacun a pu découvrir (connaissance du milieu montagnard et glaciaire, orientation, cartographie, pratique du GPS ou de DVA), s'initier (cramponnage, encordement, mouflages, auto-sauvetage, assurage en neige) ou se perfectionner aux techniques de base de l'alpinisme (course d'arête, assurage en mouvement, passage de rimaye, escalade en "grosses", pose de protections, escalade artificielle, etc)  

Parfaitement encadrés par des professionnels (guides de haute montagne, accompagnateurs en montagne) et des bénévoles (initiateurs Alpinisme et Randonnée FFME) sans oublier les membres des 2 équipes nationales - ENFA et ENJA -, "futurs grands" alpinistes, ces ateliers ont offert à chacun la possibilité d'apprendre de nouvelles techniques, de conforter ses connaissances et d'évaluer son potentiel dans des conditions optimales de sécurité.

Ajoutons à cela le soleil radieux, la convivialité et la bonne humeur qui ont régné tout au long de ces 2 journées trop vite passées,  le tout pour un résultat exceptionnel : des participants heureux, des encadrants - d'une patience à toute épreuve - et des organisateurs comblés par le succés et rassurés par l'absence d'accident ou d'incident (à part quelques nez rougis faute d'avoir été suffisamment "tartinés").

Avouons que tout avait été mis en oeuvre pour parvenir à ce but (organisation très pointue, professionnalisme des intervenants, règles strictes de sécurité...et bonne humeur communicative)

Mais ne nous trompons pas : si la montagne paraît "facile" dans de telles conditions, il en serait tout autrement avec une météo difficile, sans l'oeil bienveillant des encadrants qui corrigent une "manip" inappropriée, vous conseillent ou vous proposent des solutions toujours  plus "évidentes", ou sans le secours d'un point d'ancrage déjà en place permettant de poursuivre sa progression...ou de souffler.

La nécessité de se former aux techniques de base, une expérience patiemment et progressivement acquise et l'accompagnement par un professionnel en fonction de la difficulté de la course envisagée sont des conditions indispensables pour partir en montagne en réduisant au maximum les risques objectifs propres au milieu.

Ces journées très enrichissantes répondent à ce but.

Chaleureuses félicitations et remerciements sincères à l'équipe d'organisation (Frédéric, Gaël, Jean, Niels,  François et Thierry) aux intervenants sur les ateliers (Sara, Jean-Christophe, Florian, Patrick, Jean-François, Yannick, Cyril, Romaric, Matéo, Georges et les autres) ainsi qu'à tous les bénévoles de la FFME (Laurence, Claude, Michel, Pierre, Christophe et les autres) qui ont fait de cette 5° édition, de l'avis général des participants, un formidable succès.

Merci à Alain D. et à Fred, mon fidèle compagnon de cordée, pour avoir partagé ces moments inoubliables.

Vivement l'année prochaine pour de nouvelles aventures!

Adresse de l'album photo :   http://picasaweb.google.com/alaindeclaix ou picasaweb et mot-clé "grav'y cîmes"


                                                  Le Glacier de la Girose et le Pic de la Grave (alt. 3.587 m)
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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 14:41

                                                              Sommet du Pinet (ou Le Truc) - alt. 1.867 m

20 juin 2008

Résumé

A proximité du Mont Granier et à l'extrémité Sud du Massif de Chartreuse, le Sommet du Pinet (1.867 m) appelé aussi "Le Truc" est une randonnée facile (dénivelée 750 m) - à faire dès la disparition complète de la neige qui bouche les scialets - et qui offre un panorama unique sur les principaux sommets de Chartreuse (Dent de Crolles, Chamechaude, Grand Som, etc) ainsi que sur la Chaîne de Belledonne et, au-delà, sur le Massif du Mont-Blanc et le Jura.

Départ

Epernay (Commune d'Entremont-le-Vieux), Hameau de la Plagne (route à 700 m au N d'Epernay).
Dans le dernier lacet avant le hameau, prendre à droite la route forestière.  Après 500 m, dans la clairière (panneau d'information sur la Réserve Naturelle des Hauts de Chartreuse), prendre la piste à gauche et se garer après 200 m (ancienne carrière). Altitude de départ 1.140 m.

Itinéraire

Carte IGN 1/25000°  3333 OT (Chartreuse Nord)

Après quelques centaines de métres, le sentier rejoint le GR 9 qui passe au Hameau de la Plagne puis au Col de l'Alpette, traverse la Réserve Naturelle des Hauts de Chartreuse et mène jusqu'au Col du Coq (GR de Pays)
Le chemin qui serpente agréablement dans la forêt a été récemment élargi et aménagé (marches en rondins) dans sa partie haute, plus pentue, pour faciliter le passage des troupeaux vers les alpages de l'Alpette.
Au cours de la montée on peut apercevoir les falaises impressionnantes de la face O des Rochers du Biolet à droite et du Granier à gauche dont l'escalade doit réserver de très sérieuses difficultés.

Au Col de l'Alpette (alt. 1.540 m), la face S du Granier impose sa verticalité et on laisse NO le sentier qui y conduit (par le Pas des Barres) pour descendre E le vallon vers les Cabanes de l'Alpette, au milieu des troupeaux de jeunes tarines curieuses mais effarouchées. Le GR passe devant la cabane de gauche puis monte S dans une agréable forêt coupée de clairières particulièrement fleuries et odorantes à cette période de l'année (anémones, orchis, bois joli)
Nota : ne pas prendre le sentier peu marqué qui part O à proximité de la cabane de droite (propriété de la Commune elle accueille les randonneurs) - présenté comme une variante dans certains guides - car non entretenu, il se perd rapidement.

Après une quinzaine de minutes sur le GR 9, on arrive à un replat (cairn, alt. 1.540 m) où un panneau indique la direction du Sommet du Pinet sur la droite. Le sentier, bien tracé (mais n'apparaissant pas sur la carte IGN 3333 OT Chartreuse Nord) monte dans la forêt parmi les lapiaz puis longe une grande barre rocheuse truffée de grottes, d'abris et d'auvents. A la sortie de ce vallon très minéral, on retrouve la fraîcheur des alpages, le Sommet du Pinet se découvre (N - Croix) et on l'atteint facilement après quelques minutes.
De ce promontoire, la vue est magnifique sur le Granier (N) puis sur la Croix de l'Alpe et les Rochers de Belles Ombres (E). Dans le lointain, le Mont Blanc (NE), la belle pespective des sommets de Chartreuse (S) et, juste au-dessous, les vallées étroites des Entremont qui abritent encore nombre de hameaux ayant conservé une activité pastorale.

Retour par le même chemin.

Dénivelée : 750 m environ

Temps de marche : 4 h 45 (Col de l'Alpette 1 h, Sommet du Pinet 1 h 45, descente 2 h)


                                                      L'Alpette et la Chaîne du Mont-Blanc depuis le sommet
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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 14:38



                                                              Les séracs du Glacier Blanc (photo juin 2007)


Résumé des deux jours passés sur le Glacier Blanc dans le cadre de la formation FFME "Sécurité sur glacier"

J 1 (samedi 07 juin 2008
)


Pré de Mme Carle (alt. 1.874 m) - 09 h 00

Les stagiaires retrouvent Fred, animateur de cette formation qui doit permettre à chacun de conforter ses acquis et  de valider les techniques de base propres au terrain "glaciaire" dans le cadre de la conduite d'un groupe.
Après un inventaire du matériel personnel et collectif, nous partons lourdement chargés (matériel de bivouac, eau et vivres pour 2 jours) mais de bonne humeur malgré un ciel bas et une météo aussi pessimiste que celle des jours précédents.

Après la passerelle qui franchit le torrent du Glacier Noir  nous nous élevons rapidement par les lacets qui mènent au premier plateau où s'écoule la langue terminale du Glacier Blanc.
La neige molle rend la progression difficile et Fred opte pour un cheminement sur la crête rocheuse pour atteindre sur la rive gauche du glacier le minuscule Refuge Tuckett (alt. 2.438 m), utilisé de 1880 à 1945 et aujourd'hui Eco-musée.
La pluie qui nous a accompagnés durant une bonne partie de la montée tombe de plus en plus drue et gâche la vue d'un environnement magnifique.
Après une halte au Refuge du Glacier Blanc et un rappel des techniques d'encordement (noeuds, anneaux de buste, etc) nous remontons vers les séracs au centre du glacier vers 2.850 m pour nos premiers exercices (montée et descente en pente raide, piolet-rampe, désescalade, etc)

Afin de mettre en application les techniques de sauvetage après une chute en crevasse (remontée sur corde, assurage, mouflages, etc), Fred nous conduit  sur un petit replat qui domine une falaise de glace d'une quinzaine de métres.
Il fait froid, la neige se mêle à la pluie et nous sommes vraiment placés dans les conditions "optimales" propres à tester nos capacités à nous en "sortir"
Dans un contexte sécurisé (double assurage) nous jouons tour à tour le rôle de la victime et du sauveteur.

Enseignements tirés de cet exercice :

- en dépit d'une "préparation" à la chute d'un compagnon de cordée (concentration, corde tendue, etc) , on constate qu'il n'est pas très aisé d'enrayer celle-ci au plus vite,
- la mise en place d'un "corps mort" et la désolidarisation directe avec la "victime" n'est pas évidente non plus quand le baudrier supporte le poids du compagnon
- pour la "victime" pendue au bout de la corde, installer les accessoires de remontée pour un "auto-sauvetage" (bloqueurs - tibloc ou ropeman -, noeud français) devient compliqué lorsque le froid rend les doigts raides et tétanise les muscles,
- l'extraction de la "victime" (sans son concours actif) par un unique sauveteur est impossible, sauf à mettre en place un "mariner double" (et encore!).

On prend donc conscience du danger potentiel de constituer une cordée réduite à 2.

La pluie et la neige n'ont pas cessé et vers 19 h nous décidons de renoncer au bivouac initialement prévu sur le glacier et de rejoindre le Refuge du Glacier Blanc.
Avouons que la chaleur du refuge, le repas chaud, la bouteille ouverte par Fred et une nuit "au sec" auront été appréciables.




                                  Le Glacier Blanc et la Pointe du Serre Soubeyran (alt. 3.472 m) - Photo juin 2007 -



J 2 (dimanche 08 juin 2008
)



                                                           Les séracs du Glacier Blanc (vers alt. 2.900 m)


Au réveil, le temps est toujours aussi mauvais et certains en profitent pour s'accorder quelques minutes supplémentaires de sommeil et de douce chaleur.
Le petit-déjeuner est copieux, les vêtements secs et le moral au beau fixe; nous remontons sur le site de la veille pour terminer nos manoeuvres de sauvetage, tester les amarrages "naturels" (lunule, abalakov, champignon de neige ou de glace), les ancrages et reprendre les techniques d'assurage "en mouvement"

Pour la descente et la mise en application de toutes ces bonnes pratiques, Fred nous fera passer par un itinéraire parfois impressionnant (pentes raides, crevasses, altermance de glace et de neige) mais magnifique et parfaitement sécurisé par ses soins (au cours de la descente, Fred posera une vingtaine de broches à glace et regrettera qu'elles ne soient pas toutes pourvues d' une manivelle!)

La pluie cessera enfin lorsque nous quitterons le glacier au Gabion pour rejoindre le sentier qui redescend vers la vallée.

Entre-temps, Fred et Pierre, auront pressé le pas pour installer des cordes fixes sous le préau de la Maison du Parc Nationnal des Ecrins (à côté du Refuge Cézanne au Pré de Mme Carle) afin de vérifier la bonne assimilation, par chacun d'entre-nous, de la technique de la remontée sur corde (nettement plus aisée dans ces conditions)

Conclusion


Malgré un temps exécrable, nous avons passé 2 jours formidables, riches d'enseignements, dans un environnement magnifique.
Nous avons tous appris (ou révisé) l'essentiel et le nécessaire pour faire faire aux principales difficultés et aux dangers potentiels du terrain glaciaire.

Remerciements à Fred pour sa gentillesse, ses compétences et pour tous les "trucs" qu'il nous a apportés pendant ce stage,

merci à lui ainsi qu'à Juliette, Fred (n° 2) mon compagnon habituel de cordée, Guy, Jibé, Pierre et Yann pour leur sympathique bonne humeur et pour avoir partagé ces moments "inoubliables".


                                                                                       Fred (à droite) et le Groupe
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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 14:08

                                                                                Mont Julioz (alt. 1.672 m)


23 mai 2008

Résumé

Randonnée au coeur du Massif des Bauges, à altitude moyenne (1.672 m) pouvant être effectuée dès la fonte des neiges (début mai). La position centrale de cette arête rocheuse permet d'avoir une vue d'ensemble  sur les principaux sommets des Bauges (Dent des Portes, Mont Trélod, Mont d'Armenaz, Mont Pécloz, Dent de Rossanaz, Mont Colombier) et sur les vallées parallèles en U qui caractérisent ce Massif.

Départ

Le Chatelard en Bauges, Hameau des Garins, accessible par une petite route qui monte à droite à l'entrée du village, en face de la Pharmacie.

Itinéraire

Carte IGN 1/25000° 3432 OT (Massif des Bauges)

Du parking (alt. 1.071 m), rejoindre (100 m) la piste qui monte au Gîte des Garins (panneaux indicateurs). Laisser le gîte sur la gauche et continuer par la piste forestière qui part E puis fait plusieurs lacets à travers une forêt de feuillus et de sapins. Elle monte ensuite N puis arrive à une large plate-forme forestière où se croisent plusieurs chemins.
Prendre la piste raide qui monte à droite (indication "Julioz" peu visible sur un arbre à droite) puis continuer jusqu'au replat où une nouvelle intersection nous indique le sentier du Mont Julioz sur la droite.

A la côte 1.500 m environ, le sentier sort de la forêt et débouche sur une succession de ressauts rocheux (quelques pas d'escalade facile) qui mènent à l'arête après un cheminement pas toujours très aisé dans les lapiaz et les blocs.
L'itinéraire est heureusement bien balisé (marques jaunes : losanges ou traits) mais est à déconseiller aux jeunes enfants ou aux personnes sensibles au vertige.
Parvenus à l'antécime (alt. 1.645 m), il reste encore un long cheminement sur l'arête  avant d'arriver au sommet marqué "Mont Julioz 1.664 m") sur une dalle.

Du sommet, vue magnifique sur la Dent des Portes et le Mont Trélod (alt. 2.181 m - encore enneigé) dont l'itinéraire d'accès à partir de Doucy en Bauges (lieudit les Cornes) est bien visible (mais représente une sacrée "bambée" sur une journée), puis en prolongement vers le N sur le Roc des Boeufs qui domine le Lac d'Annecy.
Descente par le même chemin à moins de pouvoir laisser un 2 ° véhicule au parking des Cornes (Cf ci-dessus) et d'emprunter, en prolongement de la crête du Mont Julioz, le sentier (non reconnu) qui mène au Golet de Doucy puis rejoint celui du GR de Pays "Tour des Bauges".

Dénivelée : 700 m environ

Temps de marche : 5 h



                                                                            L'arête sommitale du Mont Julioz
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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 19:29






                                            La Barre des Ecrins et le Dôme de Neige (vus du Refuge des Ecrins)




Résumé de cette randonnée effectuée en juillet 2006 par un groupe d'amis passionnés sous la conduite habituelle de Jibé, notre guide préféré


A la portée d'un randonneur entraîné, d'accès facile, l'ascension du Dôme de Neige des Ecrins peut être le sommet indiqué pour un baptème du premier 4.000. N'oublions pas toutefois qu'il s'agit d'une course en haute montagne dans un environnement hostile (crevasses, chutes de séracs) qui implique une préparation physique sérieuse et une bonne apppréciation des dangers objectifs.

Accès

Rejoindre Vallouise (Hautes-Alpes) puis Ailefroide avant d'atteindre le parking au lieudit  "Pré de Madame Carle" (alt. 1.874 m)

Itinéraire

1° jour : montée au Refuge des Ecrins




                                                                                    Séracs du Glacier Blanc



Le sentier atteint rapidement les séracs de la langue terminale du Glacier Blanc et remonte sur sa rive gauche par une pente parfois soutenue. Après avoir dépassé le Refuge du Glacier Blanc (alt. 2250 m), l'itinéraire s'éloigne du glacier pour y revenir franchement dans la zone de séracs qui marque la rupture de pente avec le grand plateau glaciaire que l'on aborde vers 3.000 m.
Dès lors, on chemine toujours sur la rive gauche jusqu'à l'aplomb de l'éperon rocheux sur lequel se perche le Refuge des Ecrins (alt. 3.170 m). La montée est rude et les 100 derniers métres de dénivelée clôturent durement la journée.

Dénivelée : 1.300 m - 4 h de marche


2° jour : objectif  Le Dôme



                                                                       Traversée sous la Barre des Ecrins




Au réveil, le temps est froid mais le ciel est parfaitement dégagé, comme prévu par la météo. La journée devrait donc être exceptionnellement belle.
Après avoir repris pied sur le glacier, nous entamons la longue remontée sur la rive gauche du glacier en direction du Col des Ecrins. L'environnement est magnifique et le lever du soleil sur les sommets des Ecrins nous montre le point à atteindre un peu plus de 700 m plus haut. Sérieux challenge vu du bas. La face N de la barre apparait en effet bien raide avec ses immenses zones de séracs et de crevasses, tant à gauche qu'à droite, qu'il nous faudra pourtant couper.

Vers 3.300 m, il faut traverser le glacier et commencer à gravir la pente en choisissant  une trace médiane entre les deux zones de séracs du bas et rester vigilants. Notons qu'une voie située plus à l'E peut représenter une bonne alternative (plus pentue mais moins exposée)

La progression se poursuit dans le dédale des crevasses et des séracs en tirant vers l'E jusqu'au pied de la Barre des Ecrins (à cet endroit, une trace coupe la rimaye bouchée par une coulée et monte en direction du sommet)  Longer ensuite la rimaye pour une longue traversée vers l'O, puis la franchir et gagner la brêche Lory (alt. 3.974 m)

Jusqu'au sommet du Dôme (alt. 4.015 m) rapidement atteint, un vent violent nous obligera à courber l'échine et à nous protéger le mieux possible des rafales qui soulèvent des tourbillons de neige et d'un froid "sibérien" (dans ces conditions le tableau "théorique" des températures "ressenties" en fonction de la vitesse du vent prend tout son sens!). Autant dire que, malgré un soleil radieux, nous n'aurons pas le loisir d'admirer le paysage et que nous ne resterons au sommet que le temps de partager notre joie de l'avoir atteint et de prendre quelques photos souvenir, avant d'entamer la descente par la même voie et de retrouver des conditions plus clémentes.

Dénivelées :  du Refuge au sommet du Dôme + 914 m, 4 h
soit au total + 2.141 m et 8 h de marche à la montée, 5 h 30 à la descente.


                                                                                          Au sommet du Dôme


Conclusion

Magnifique randonnée et journées exceptionnelles, mais ne pas oublier les conseils de départ (préparation physique, maîtrise du terrain)
Merci à Brigitte, Chrystèle, Alain et Fred pour leur amitié et à Jibé de nous faire partager sa passion.
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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 19:24





                                                                 Le Grand Paradis (vu du Refuge F. Chabod)



Résumé de cette randonnée effectuée du 07 au 09 juillet  2005 avec un groupe d'amis passionnés sous la conduite de Jibé, notre guide préféré


Point culminant (4.061 m) du Massif du même nom, le Grand Paradis présente l'avantage d'offrir des voies "classiques" d'accès facile (cotation F, sauf les quelques métres rocheux de l'arête sommitale - passage en II) et d'offrir une vue magnifique (Plaine du Pô, Cervin, Mont Rose, Mont Blanc, Barre des Ecrins)
Plutôt que l'A/R à partir du Refuge Vittorio Emanuele  II, nous avions choisi de faire un circuit et de monter au Refuge Federico Chabod (alt. 2.750 m) le premier jour puis d'emprunter au retour  l'itinéraire qui descend sur le Refuge V-E II. (alt. 2.735 m)

Accès

Courmayeur puis direction Aoste.
Prendre la route de Val Savarenche puis quitter la vallée d'Aoste à Villeneuve (17 km à l'Ouest d'Aoste)
Environ 2 km avant Pont, se garer sur la droite de la route près d'une ancienne bergerie et d'un gros bloc de rocher. Sur la gauche de la route un panneau en bois indique le départ du sentier menant au Refuge Chabod.

NB : si possible, monter un véhicule jusqu'à Pont (alt. 1.945 m), terminus de la route pour éviter de faire du stop ou 2 km de bitume le lendemain.

Itinéraire


J 1 (après-midi)



                                                                    Refuge Federico Chabod (alt. 2.750 m)



Montée agréable (dénivelée 850 m, 2 h 30/3 h) dans une forêt de mélèzes par un sentier large et bien entretenu et accès au petit Refuge Chabod (alt. 2.750 m - 50 places env.) situé sur une large plate-forme et qui offre une vue magnifique sur la face N du Grand Paradis. Accueil sympatique et dîner typiquement "italien".


J 2


                                                                      Gendarmes de la Becca di Montcorve


Plutôt que de fantasmer sur la difficile face Nord (50°, mixte, 600 m), notre itinéraire pour rejoindre le sommet sera plus "raisonnable" puisqu'il s'agira de remonter le glacier de Laveciau côté NO puis de retrouver la voie venant de V-E II.
Au départ du Refuge, on rejoint rapidement SE la langue terminale et sa moraine puis, après la traversée d'une zone de séracs, on chemine sans difficulté sur un glacier assez peu crevassé mais dont les changements de couleur en surface invitent à rester en permanence concentrés et  à progresser "corde tendue".

A 3.750 m, on arrive à l'épaule qui marque la jonction avec le Glacier du Mont-Grand-Paradis et avec l'itinéraire venant du Refuge V-E II. La pente se fait plus soutenue en direction du Becca di Montcorve puis bute sur un impressionnant mur de glace qu'il faut contourner par la droite.
Au Col de Becca di Montcorve (alt. 3.875 m) le sommet du Grand Paradis apparaît sur la gauche mais avant de l'atteindre, il faut faire une longue traversée N pour atteindre la rimaye et le Col (alt. 4.030 m) au pied du dernier ressaut rocheux.

Après la dépose des crampons et piolet, on atteint le sommet et la statue de la "Madonna" après les quelques métres d'escalade que l'exiguïté du passage (vire très étroite mais cordes fixes) rend difficiles lorsqu'il s'agit de croiser une autre cordée pas spécialement familiarisée avec le grand vide et les manoeuvres de corde.

Au sommet, le mauvais temps nous privera malheureusement du panorama que nous espérions et la neige nous accompagnera jusqu'au Refuge V-E II.

La descente sur V-E II, assez soutenue après l'épaule, emprunte le Glacier du Mont-Grand-Paradis, sa langue terminale puis sa moraine en cheminant au milieu de blocs rocheux. Lorsque le Refuge (à l'architecture un peu surprenante dans ce cadre) s'offre à notre regard, il reste encore pas mal de chemin à parcourir.

Après un reconstituant plat de pâtes, il faut reprendre le chemin de la vallée et 800 m de dénivelée négative avant de boucler cette longue mais magnifique journée (+ 1.311 m, - 2.110 m, 10 h de marche). Dommage que le temps n'ait pas été aussi radieux que nous l'aurions souhaité.

Dénivelées :  montée au Refuge Chabod 850 m (2 h 30), du Refuge au sommet  1.311 m (4 h 30) - descente
- 2.110 m (5 h 30)



                                                                             Sommet du Grand Paradis


Conclusion

Course à recommander pour une première approche de la randonnée glaciaire et de la Haute Montagne en n'oubliant pas les dangers objectifs de celle-ci et une bonne préparation physique préalable, conditions de sa réussite.

Merci à Chrystèle, Corinne, Fred et Séphane pour leur amitié et pour ces moments de passion partagée et à Jibé pour son professionnalisme et sa bonne humeur.



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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 19:18


                                                                      Le Cervin (Matterhorn) - alt. 4.478 m


Résumé, commentaires et impressions sur cette traversée effectuée en juillet 2004

Quand le rêve devient réalité : relier à pied les deux lieux mythiques de l'alpinisme.
Voilà comment sur une (bonne) idée de Patrick, mon ami, montagnard et collègue de travail, nous nous retrouvons au matin du 27 juin 2004 devant la gare de départ de la télécabine du Tour-Charamillon à faire connaissance avec nos futurs compagnons de cordée (Fred et un couple Isabelle et Christophe) et à attendre le guide d'une Compagnie Haut-Savoyarde réputée auprès de laquelle nous nous étions inscrits pour cette traversée.
Lorsque JBB (dit Jibé dans la vallée) arrivera, nous aura fait éliminer de nos sacs volumineux tout le superflu (l'essentiel des vêtements de rechange et du nécessaire de toilette, inutile selon lui du fait de l'absence d'eau dans les refuges d'altitude!), aura réparti le matériel commun (cordes, quincaillerie) et l'intendance, nous comprendrons mieux l'avantage du statut de guide en comparant la taille et le poids de nos sacs!

Celà dit, le premier contact est très sympathique et nous voilà partis pour 6 jours, pour le meilleur pensons-nous, puisque la météo, assez capricieuse jusque-là, nous promet  une "fenêtre" plus clémente pendant une semaine.


J 1 : Charamillon - Refuge Albert 1°




                                                    Montée au Refuge Albert 1° - Séracs du Glacier du Tour


Etape de "mise en jambes" puisqu'après les deux tronçons de la télécabine, l'accès au Refuge Albert 1° (alt. 2.702 m) ne représente qu'une courte montée (dénivelée 507 m)
Premier contact avec la neige en remontant le névé sur la rive droite du Glacier du Tour qui nous offre une vue saisissante sur ses séracs et sa langue terminale avec de beaux effets de lumière sur fond de ciel orageux.
 Au cours de la montée, une marmotte aussi curieuse qu'affamée viendra nous saluer vers 2.600 m et quelques japonais nous croisent avec un "bonsoir" parfait en se hâtant de redescendre car, comme d'habitude, leur programme quotidien est chargé!
Le refuge Albert 1° est encore un refuge "à l'ancienne"  et n'offre pas le "confort "que l'on rencontre maintenant aux points de passage très fréquentés en France, en Suisse et en Italie, mais heureusement le repas du soir sort de l'ordinaire (soupe, sauté de lapin aux olives et riz) et nous permet de continuer à faire provision d'énergie pour les jours à venir.

Dénivelée : + 507 m
Temps de marche : 1 h 30

J 2 : Refuge Albert 1° - Cabane Chanrion



                                                          Le Grand Charmotane (depuis la Cabane d'Orny)


L'étape "traditionnelle" prévoit une halte à la cabane du Trient mais, bien qu'elle nous prive d'une nuit sur le plateau du Trient, celle-ci présente l'inconvénient d'être courte (4h 30) et de rajouter une journée au programme pour rallier Zermatt.
Notre feuille de route évite donc l'arrêt à Trient et prévoit de rejoindre directement la Cabane Chanrion.

A la lumière de nos frontales, nous nous engageons sur le Glacier du Tour pour cette longue étape qui doit nous conduire de l'autre côté du Val Ferret Suisse. La neige est dure et le ciel rempli d'étoiles nous annonce une journée magnifique.
Après avoir contourné le Signal Reilly par la gauche, nous traversons le Glacier vers 3.000 m pour nous engager dans le couloir, sous l'Aiguille du Col du Tour, qui conduit au Col Supérieur du Tour (alt. 3.289 m). Ce passage permet de franchir la longue chaîne qui court de la Pointe des Grands à l'Aiguille d'Argentière et qui sépare les bassins glaciaires du Tour (France) et du Trient (Suisse)
Du Col nous découvrons l'immense plateau glaciaire du Trient et la beauté du panorama bordé à droite par les Aiguilles Dorées qui, sous le soleil levant, méritent bien leur nom.
Après avoir traversé le plateau en direction de la Cabane du Trient et du Col d'Orny, nous descendons sur la rive gauche du Glacier d'Orny  pour une pause casse-croûte à la Cabane éponyme, fidèlement gardée par le bouquetin de  bronze scellé face au Petit-Clocher du Pourtalet.
Le sentier de détache progressivement du glacier et mène NE (passages escarpés, chaînes en place) vers la station supérieure du télésiège de la Breya (alt. 2.189 m) qui nous permet de rejoindre Champex en ménageant nos genoux.

A Champex, nous retrouvons brutalement la civilisation et le taxi nous attend pour nous emmener à proximité de Chanrion en passant par le barrage de Mauvoisin. La piste à voie unique surplombe le vide en permanence et nous ne serons pas très rassurés lorsque notre chauffeur entreprendra une marche arrière pour laisser le passage à un véhicule de la voirie suisse.
Accueil sympathique au Refuge Chanrion, environnement superbe (Lac de Chanrion, Grand Combin de Tsessette alt. 4.314 m)

Dénivelées : + 587 m, - 1.099 m
Temps de marche : 6 h

J 3 : Cabane Chanrion - Cabane des Vignettes


                                               Glacier d'Otemma (en route vers la Cabane des Vignettes)


Au petit matin, Jibé nous gratifiera de son premier  "bon, moi je suis prêt!" qu'il s'entêtera à nous répéter chaque matin sans jamais parvenir à activer nos préparatifs, le rangement de nos sacs et notre mise en route avant l'heure prévue.

Nous quittons le refuge en direction du Lac puis obliquons sur la gauche et prenons rapidement pied sur le Glacier d'Otemma près de son front de fonte et de son torrent sous-glaciaire.
Nous remontons les 7 km de ce magnifique glacier, peu crevassé, qui s'écoule (25 cm/jour dit-on) entre les crêtes très découpées qui marquent la frontière italienne (Grand Blanchen alt. 3.678 m, Singla alt. 3.714 m) et le relief moins tourmenté de la Chaîne des Portons, coté Suisse.

Nous nous sentons infiniment petits face à l'immensité de ce glacier, sans aucun relief jusqu'au Col d'Otemma, et sur lequel le cheminement doit s'avérer compliqué en cas de brouillard ou de mauvais temps (GPS bienvenu). Heureusement ce n'est pas le cas et le soleil nous accompagne.

Nous obliquons à gauche (montée courte mais soutenue et en devers) pour atteindre le vaste replat du Col de Chermontane, sous le Pigne d'Arolla (alt. 3.796 m) et ses énormes séracs pour prendre pied à droite sur l'arête rocheuse qui conduit à la Cabane des Vignettes (alt. 3.147 m)
Railleries de Jibé face au peu d'aisance que manifestent certains sur l'arête, pourtant sans difficulté, mais les plus aguerris doivent suivre le rythme des moins téméraires (solidairement encordés, il  nous serait difficile de faire autrement)
Perchée sur son promontoire, au bord des abîmes impressionnants qui surplombent le Glacier de Vuibé (ne pas craindre le vertige pour aller aux  toilettes!), la Cabane des Vignettes  nous a offert un accueil très chaleureux et un confort  parfait (petits dortoirs, couettes et couchages douillets). La toilette avec l'eau en prise directe du Glacier (température revivifiante d'environ 2°) a été bienvenue mais rapide!
Excellent repas (soupe de légumes, émincé de volaille, champignons et carottes à la crème, riz) arrosé d'un reconstituant "Fendant du Valais". Autant dire que nous sommes sortis avec regret de notre douce couette le lendemain matin mais après un petit-déjeuner "royal" (pancakes, confitures et pain à volonté) nous avons repris notre chemin pour la longue étape du jour qui doit nous mener à la cabane Bertol (que nous devinons de l'autre côté de la vallée au pied de l'arête nord de la Dent Blanche)

Dénivelées : + 830 m, - 135 m
Temps de marche : 7 h

J 4 : Cabane des Vignettes - Cabane Bertol


                                                                                      Glacier du Mont-Miné


Lever 4 h 30. Contrairement aux prévisions, le ciel est clair en dépit de quelques nuages d'altitude. Nous nous équipons (crampons, piolet) pour la courte descente jusqu'au Col de Chermontane (alt. 3.053 m) puis nous partons pour la longue traversée du Glacier du Mont-Collon jusqu'au Col de l'Evêque (alt. 3.386 m)

Nous nous rendons compte que nous sommes complétement isolés du monde et nous savourons tous intérieurement ce silence et ce grand bonheur de nous trouver dans un environnement aussi somptueux.

Nous entamons la fastidieuse descente (glace, moraine puis sentier) du Glacier d'Arolla jusqu'à la côte 2.520 m (Plans de Bertol) puis remontons la moraine à l'aplomb des Dents de Bertol. Nous pressons le pas car les nuages se font de plus en plus menaçants et nous arriverons fatigués mais secs à la Cabane Bertol (alt. 3.311 m) magnifique construction de forme hexagonale (un des plus beaux refuges des Alpes) juchée sur son promontoire rocheux, que l'on atteint par une série d'échelles impressionnantes.

Arrivés tôt (14 h 45) nous sommes accueillis avec un réconfortant thé citron-cannelle et nous passerons l'a-m à flâner et à discuter après une toilette sommaire (lingettes et autres gants jetables) faute d'eau à cette altitude (l'eau récupérée du toit n'était vraiment pas engageante!)

En fin de soirée, nous aurons la chance d'apercevoir au loin le coucher de soleil sur le Cervin et nous nous disons que nous avons encore du chemin à parcourir.
Après 4 jours de marche, nous sommes tous en bonne forme sauf Isabelle dont les pieds ont souffert et nécessitent force "Compeed" à l'arrivée au refuge.

Dénivelées : + 1.111 m, - 950 m
Temps de marche : 8 h

J 5 : Cabane Bertol - Cabane Schönbiel


                                                                                               Dent d'Hérens


Lever 4 h 30. Le temps est beau mais, à la suite des orages d'hier au soir, la brume commence à remonter des vallées.
Dans son ouvrage "La Haute Route", F. Perraudin qualifie cette étape de "royale". Il est vrai que la perspective de découvrir au fil de l'étape les principaux 4.000 des Alpes Valaisannes (Weisshorn, Alphubel, Lyskam, Breithorn, Castor et Pollux, etc) nous ravit mais pour l'heure, avant la contemplation, il s'agit de traverser le Glacier du Mont Miné, souvent crevassé,  puis d'atteindre le sommet de Tête-Blanche.
Depuis le Col de Bertol, l'itinéraire suit la ligne de pente jusqu'au pied de l'arête N des Dents de Bertol puis s'élève dans une combe plus pentue jusqu'au plateau qui permet un accès aisé au sommet de Tête-Blanche (alt. 3.724 m)
La brume montante nous a accompagnés tout au long de notre ascension mais par chance le soleil perce au sommet et la vue sur la Dent d'Hérens et les séracs de sa face N ainsi que sur la face O du Cervin est sublime.
L'itinéraire de descente plonge vers le Col de Tête-Blanche puis rejoint le Glacier de Stockji après un large virage sur la droite direction S.
La descente du Stockji est magnifique, le soleil bien présent, le glacier assez peu crevassé mais parfois d'énormes  séracs inclinés de manière inquiétante nous invitent à ne pas traîner.
Vers la côte 3.050 m, nous quittons le glacier pour rejoindre l'éperon des Rochers de Stockji que nous descendons plein S jusqu'à l'extrémité de la moraine latérale du Glacier de Tiefmatt (alt. 2.624 m)
A la jonction des Glaciers de Tiefmatt et de Zmutt(alt. 2.520 m), nous contournons le Stockji (alt. 3091 m) par la droite, descendons sur le Glacier de Zmutt puis remontons N la langue terminale  parfaitement lisse du Glacier de Schönbiel que nous quittons pour escalader à droite l'épaule rocheuse par le passage aérien (repères rouges) qui mène au Refuge Schönbiel (alt. 2.694 m)
La hauteur des moraines est impressionnante et donnent une idée de l'épaisseur de glace qui pouvait être relevée à cet endroit dans le passé.
A la terrasse du refuge, avec l'extraordinaire spectacle de la face N du Cervin sous les yeux, nous savourons ces derniers moments passés en haute montagne puisque le lendemain nous rejoindrons Zermatt.

L'eau de la fontaine (très fraîche!) nous permet de retrouver une allure plus présentable pour aborder la "Ville" demain et nous gagnons rapidement la couette après un solide repas, arrosé comme il se doit.

Dénivelées : + 620 m, - 1.224 m
Temps de marche : 7 h

J 6 : Cabane Schönbiel - Zermatt


                                                                                              Le Cervin

Nous partons pour cette dernière étape un peu tristes car notre belle aventure se termine.

Après un parcours facile sur la crête de la longue moraine du Glacier de Zmutt que l'on suit jusqu'au torrent de l'Arben, le sentier traverse une forêt de mélèzes puis débouche dans les alpages qui ont conservé nombre de mazots sur pilotis et aux toits de lauzes, parfaitement entretenus.
Au fil de la descente nous découvrons l'impressionnante face S de l'Obergabelhorn (alt. 4.063 m) puis la pyramide sommitale (face E) du Cervin alors que nous jetons un dernier regard sur Tête-Blanche et le Glacier du Stockji.

La foule des randonneurs puis les rues encombrées de Zermatt (jour du Marathon) nous arrachent à nos souvenirs "blancs" et  nous font rapidement reprendre contact avec la "civilisation".

Nous avons bouclé la Haute Route; après cette semaine de silence et de beauté, le train, la voiture...et la reprise du travail nous attendent, il faut se résigner!

Dénivelée :  -  1.090 m
Temps de marche : 3 h 30

Conclusion

La Haute Route ne demande pas de compétence technique particulière autre que celle d'être capable de marcher de 5 à 8 h par jour pendant une semaine, la plupart du temps en crampons et encordé. A défaut d'être familiarisé avec le parcours qui se déroule, rappelons-le, en haute montagne, le recours à un guide professionnel est fortement recommandé.

Nous avons passé une semaine formidable, avec un temps magnifique, dans un environnement fabuleux.

Merci à Patrick (sans qui ce périple ne serait resté qu'un rêve) pour sa précieuse amitié.
Merci à Fred d'avoir eu la bonne idée d'être là, pour les courses, les beaux souvenirs qui s'y rapportent et l'amitié que nous avons pu partager depuis
Merci à tous mes compagnons de cordée pour leur bonne humeur et leur sympathie et mercis particuliers à Jibé pour sa compétence.

 

                                                                    A la Cabane Schönbiel devant le Cervin



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